S³ seminar : Chauves-souris, écholocation et neuroscience computationnelle : que nous disent les bornes de Cramer-Rao ?

Séminaire le 9 Mars 2018, 10h30 à CentraleSupelec (Gif-sur-Yvette) Salle des séminaires du L2S
Didier MAUUARY (BLUEBAT)

L’écholocation chez les mammifères, découverte dans les années 50, n’a pas fini de nous surprendre. L’intérêt pour la discipline, qu’on aborde désormais sur l’angle du sonar/radar cognitif (coté traitement du signal et ingénierie système) ou des neurosciences computationnelles (du côté des biologistes, éthologues ou des neurosciences) semble au contraire connaitre un regain d’intérêt ces dernières années, notamment dans une perspective bayésienne.

Nous montrons dans cet exposé des résultats récents obtenus lors de la mise au point d’un des premiers systèmes opérationnels de géolocalisation acoustique dynamique de l’animal dans son environnement naturel. Dans ce travail, nous exploitons en premier lieu la théorie de Fischer et les célèbres bornes de Cramer-Rao pour affronter, d’une part, la problématique de l’incertitude temps-fréquence intrinsèque aux formes d’onde émises par l’animal et, d’autre part, analyser la problématique de l’adaptation de son système sonar en fonction de l’objectif de perception et des contraintes environnementales.

Ces travaux reprennent les premières tentatives de trajectographie acoustique passive de l’animal par Yves Tupinier et Patrick Flandrin, il y a une quarantaine d’année. Ils dévoilent désormais des résultats concrets particulièrement novateurs sur le plan biologique, comportemental et/ou neurologique. Par ailleurs, la portée industrielle de ces travaux est stratégique à l’heure où nous cherchons désormais à développer des systèmes de drone capable de voler en milieu confiné, ce que la chauve-souris sait faire admirablement, les yeux fermés…

Biography: Didier Mauuary, Ingénieur Centrale Paris (89), spécialité physique de l’océan et de l’atmosphère et Docteur INPG (94) débute ses travaux en acoustique sous-marine pour développer des méthodes d’observation physique globale à l’échelle climatique. Il poursuit ses travaux de recherche en collaboration avec l’université Carnegie Mellon de Pittsburgh et l’institut des sciences de la Mer de Kiel, ce qui l’amène à cosigner un article dans le magazine Nature. Il poursuit ensuite sa carrière dans l’industrie du SONAR, principalement dans le secteur de la Défense et publie une dizaine d’articles scientifiques dans les revues et conférences internationales. Il crée en 2010 la première startup française dont le programme de R&D est principalement axé sur la chauve-souris.