Considérations historiques : création, statut, missions, objectifs, évolution de la structuration  de l’unité

  1. Développer des méthodes pour l’«analyse des systèmes en vue de leur commande, fondés sur les moyens (actuels) de l’automatique, du traitement du signal, du filtrage numérique, de l’assistance par calculateurs en ligne, de la communication, de l’instrumentation» ;
  2. Etablir et renforcer  des « liens entre ces disciplines  pour enrichir leurs méthodes d’analyse et élargir leurs champs d’applications » ;
  3. Prendre en considération les approches statistiques ;
  4. Développer (dans ces domaines) les « recherches en science pour l’Ingénieur  délibérément orientées vers l’application » en prenant en compte également les aspects liés à la formation (scientifique).

Il faut préciser que les quelques équipes en région parisienne qui travaillaient à l’époque  sur ces problèmes étaient de petite taille et dispersées (Malakoff,  Fontenay et Orsay) et l’effort de coordination  à travers un regroupement a été important  et a nécessité beaucoup d’investissement  de la part du premier directeur de l’unité, Bernard PICINBONO, actuellement professeur émérite à l’Université Paris-Sud (U PSUD) et toujours membre actif du laboratoire. Le L2S a commencé en tant que « laboratoire sans murs » pendant une période de 18 mois avant de s’implanter  sur le Campus de l’Ecole à Gif-sur-Yvette,  endroit où l’unité se trouve encore aujourd’hui.  Ce regroupement a permis de donner une autre dynamique collective aux collaborations existantes et a permis surtout de définir une orientation  globale au-delà des projections  à court et moyen terme des cinq équipes impliquées : ROUBINE (électromagnétisme), DUPERDU (automatique et applications en biologie), VIAULT (commande et identification),  BLANC-LAPIERRE-BERTRAND (identification  des systèmes complexes avec des applications biologiques et chimiques) et PICINBONO  (étude de phénomènes aléatoires), les deux dernières équipes avaient déjà la reconnaissance et le soutien du CNRS. Si les origines de l’équipe ROUBINE  se trouvent  à l’Université  Paris VI (UPMC),  sachant que E. ROUBINE effectuait de longue date la part clé de son enseignement à SUPELEC,  Jean-Charles BOLOMEY (SUPELEC, puis conjointement SUPELEC et U PSUD dès 1976) contribua fortement à l’essor de cette activité au sein de l’unité.

Outre le rapprochement naturel entre les équipes travaillant  dans le domaine de l’automatique,  parmi les premiers éléments de politique scientifique du L2S, on cite le souhait de la direction  de l’époque de développer des collaborations plus étroites entre les recherches en électromagnétisme et le traitement du signal.

Avec un potentiel de départ d’environ  30 chercheurs/enseignants-chercheurs, le L2S couvrait un spectre thématique assez large en automatique, traitement du signal et électromagnétisme et leurs applications en sciences de l’ingénieur  et de la vie (émission, réception, diffraction  des signaux électromagnétiques, automatique et applications physiologiques et médicales, commande et identification  des systèmes énergétiques, étude des systèmes complexes auto-adaptatifs et analyse harmonique des processus aléatoires, théorie des processus stochastiques, statistique et traitement du signal en présence du bruit) et impliquait du personnel provenant du CNRS, de SUPELEC, mais également des Universités  Paris-Sud (U PSUD) et Paris VI (UPMC). Cependant, il faut souligner que l’UPMC n’a jamais été tutelle de l’unité, malgré l’existence d’un laboratoire de celle-ci (Laboratoire d’Electronique Générale) hébergé à SU- PELEC, le laboratoire propre d’Elie ROUBINE (il perdura au-delà de la retraite de celui-ci,  sous la direction de Walid TABBARA) et la présence concomitante  de personnels UPMC  effectuant  leur recherche au sein du DRÉ.

A sa création,  le L2S avait pour « statut celui des laboratoires  propres du CNRS ». A partir de janvier  1980, à travers une convention CNRS-ESE-Université  Paris-Sud (U PSUD), le L2S devient « Laboratoire Propre du CNRS et de l’ESE, associé à l’U PSUD ». A partir de 1998, l’U PSUD devient la troisième tutelle du L2S en tant qu’ « établissement co-contractant  ». Devenu unité mixte de recherche en 1988 (UMR C.0014), le L2S a évolué  vers une structuration  sous la forme de trois Divisions « Signaux », « Systèmes » et « Ondes » reflétant ainsi, les domaines thématiques initiauxEn termes de personnel, outre les statuts de membres et de chercheurs associés, l’unité se caractérise par une forte présence CNRS (17 chercheurs, 7 ITA) par rapport aux autres institutions (SUPELEC, U PSUD, UPMC, DGA). Cette structuration  a existé pendant une dizaine d’années et plus précisément, jusqu’en 1998 quand, suite à une décision entre le L2S et SUPELEC, le « Département  de Recherche en Electromagnétisme  » (DRÉ)  est créé, en regroupant la Division « Ondes » du L2S et le « Département Electromagnétisme » de SUPELEC pour former une structure fédérative souple ayant une double mission : recherche et enseignement et dont l’activité de recherche a été rattachée au L2S.

Cette création ainsi que son rattachement scientifique  au L2S ont été confirmés  au travers des contrats quadriennaux CNRS-Supélec successifs à partir des années 2000. Enfin,  à partir  de septembre 2009, pour des raisons institutionnelles et de départs  à la retraite, le personnel de l’UPMC du DRÉ a quitté définitivement  l’unité. En raison du statut du personnel SUPELEC  (association de loi 1901), une des conséquences de la création du DRÉ a été la mise en place d’une nouvelle approche de la politique de valorisation  pour tous les contrats impliquant conjointement du personnel SUPELEC et du personnel CNRS et/ou universitaire.

Devenu UMR CNRS 8506 en 1999, le L2S a continué d’élargir  son périmètre scientifique tout en restant attaché aux disciplines initiales (automatique, traitement du signal, électromagnétisme).